Depuis le début du XXIe siècle, l’agriculture au Canada a évolué rapidement avec l’augmentation de la taille des élevages et l’adoption de nouvelles technologies. Cependant, ces innovations ont souvent négligé le bien-être animal au profit des besoins humains (Veissier et al., 2019). Puis, avec l’adoption de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal au Québec en 2015, l’attention portée au confort des animaux s’est accrue.
Présentation de la démarche
Pour répondre à cette préoccupation, le projet Technologies 4.0 en agriculture : un levier pour le bien-être animal et des travailleuses et travailleurs, une collaboration entre le COlab et Agrinova, a été lancé en 2022, grâce au soutien financier du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) dans le cadre du programme de Subventions de partenariat en recherche appliquée et en technologie (PRAT). Sous forme d’étude, il visait à identifier si les nouvelles technologies, notamment les technologies 4.0, répondent bien aux besoins et au bien-être animal (Agrinova), mais aussi à ceux des productrices et producteurs (COlab), et ce, d’une manière neutre, sans conflit d’intérêts commerciaux.
Pour ce faire, afin de mieux comprendre les effets des nouvelles technologies agricoles sur le bien-être des productrices et producteurs et des animaux, deux équipes ont mené l’étude auprès de 12 fermes laitières. Les participantes et participants ont été choisis selon certains critères (par exemple, avoir déjà intégré des technologies récentes à leur ferme). L’équipe de COlab a rencontré les responsables de fermes, en ligne, pour discuter de leurs expériences, puis leur a envoyé deux questionnaires : l’un portant sur la culture d’innovation dans leur entreprise, et un autre sur leur niveau d’intégration du numérique. De son côté, Agrinova s’est rendue directement dans les fermes pour recueillir les témoignages des productrices et producteurs sur l’efficacité de ces différentes technologies.
Ces technologies, dont l’utilisation a augmenté en agriculture avec l’industrie 4.0 et l’arrivée des données massives, permettent de recueillir des informations détaillées sur les vaches laitières facilitant ainsi les décisions agricoles. Lors de l’étude, les gestionnaires ont mentionné que les technologies 4.0 favorisent le bien-être humain en allégeant la charge de travail, en diminuant le stress lié au travail et en permettant une meilleure conciliation travail-famille. En ce qui concerne le bien-être animal, elles permettent une détection précoce des maladies, une alimentation plus précise et une meilleure adaptation aux besoins des animaux.
Bien que ces technologies soient très prometteuses, plusieurs freins demeurent quant à leur adoption : leur coût élevé, la complexité de leur intégration et la nécessité d’une gestion de pointe en ce qui a trait aux entretiens, aux ajustements ou à l’exploitation des données qui en résulte, qu’implique ce type d’utilisation de technologies avancées pour surveiller, automatiser ou améliorer les opérations agricoles.
Malgré le rôle crucial de la culture d’innovation au sein des fermes laitières dans l’adoption des technologies 4.0, il a été constaté que, bien que la créativité soit encouragée au quotidien, les pratiques mises en place n’encouragent pas systématiquement son développement. Les productrices et producteurs privilégient l’instinct et la prise d’initiatives pour faire émerger la créativité et l’innovation, plutôt qu’une démarche définie.
Agrinova et Collège d’Alma